lundi 13 novembre 2017

• J’étais entré dans la réalité centrale de toute chose - Jurgen Ziewe


Récit dune retraite de pleine conscience dans la nature

Une puissante expérience de pleine conscience. Jurgen Ziewe a passé une semaine dans un chalet isolé d'une région sauvage d'Ecosse. A l'abri des distractions du monde moderne, il a fait l'expérience de première main de ce qui se produit lorsque l'attention est focalisée sur la source même de l'attention. 
         Ce récit  nous fait voyager dans le vécu intime de son auteur qui expose ici les aspects les plus profonds de sa vie intérieure. Il a pris note, avec autant de précision et d'authenticité que possible, des processus mentaux à l'œuvre dans ses profondes méditations. Il vécut là une de ses plus puissantes expériences d'expansion de conscience de sa vie ; une expérience qui le laisse dans un rapport nouveau et inédit au monde.
Cette proximité avec le phénomène de l'attention l'a conduit à transcender le point de vue individuel et a débouché sur une expérience de Conscience Cosmique. 
Cette aventure intime est agrémentée de photos prises par l'auteur qui nous mettent aussi en contact avec la beauté  du monde animal, prenant parfois des accents chamaniques. 
Un témoignage simple et profond. A notre époque moderne riche en  sollicitations, cette lecture fait l'effet d'un rafraîchissement et est une invitation à la simplification et à la paix.
Un livre profondément inspirant qui fournit des indices à tous ceux qui voudraient sortir du confinement des identifications personnelles.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel : 

Qu’importe ce que je faisais ou les pensées que je pouvais avoir, je ne pouvais me situer que dans ce seul lieu qui n’était ni ne pouvait être séparé de rien. Quel que soit l’endroit où se portait mon regard, l’endroit où mon attention était captée, tout faisait partie de moi dans la même mesure que mon corps faisait partie de moi. Il n’y avait pas de retour en arrière possible. J’étais entré dans la réalité centrale de toute chose, et j’avais levé le voile de l’illusion d’être une entité séparée d’un monde qui serait extérieur. Je ne me tenais désormais plus à part et je ne pouvais plus agir comme si j’en étais séparé. J’avais cessé de me situer dans un temps et dans un lieu, et j’étais devenu un champ sans horizon ni limite.
Ce champ n’avait ni début ni fin, et il était créé et recréé tout neuf à chaque instant. Je me sentais attiré de manière identique par tous les objets qui entraient dans ce champ quelles que soient leur valeur dans le monde. Je vis une fleur comme la fleur essentielle – et ce quel que soit son état : en graine, naissante, épanouie, fanée, retombant sur sa tige. Sa nature essentielle de fleur était toujours visible, même lorsqu’elle gisait dans la boue.

Je ne devais plus me soucier de la manière de fonctionner de ce vaste champ toujours à nouveau neuf d’unité qui déployait des milliards de milliards de formes avec des opportunités infinies de croissance et d’exploration. Je pouvais agir, parler et penser en accord avec ce qui est sans avoir à me préoccuper d’effectuer ou non ce qui est juste. Je pouvais faire fond sur l’authenticité de mes pensées – non filtrées et libres de jugements – car elles émergeaient d’une source profonde, pure et non contaminée qui connaissait et comprenait toutes les choses. Une nouvelle autorité émergeait, affirmant gentiment mais fermement son contrôle, légitimée par sa connexion directe à ce qui est vrai et authentique. Elle ne nécessitait aucune persuasion et agissait comme source de sagesse intrinsèque. Elle accomplissait simplement ce qui était nécessaire pour faire évoluer sa propre nature sans avoir besoin de poser des questions ou de chercher des réponses. La tranquillité et la claire lumière de la conscience étaient tout autour de moi et j’y avais un accès direct.

Il n’y avait plus ni bien ni mal, juste l’essence impartiale de toutes choses. Je n’avais plus besoin de séparer les choses les unes des autres pour les hiérarchiser dans un système de valeurs et de décider quelles étaient les bonnes et quelles étaient les meilleures, celles qui avaient de la valeur et celles qui n’en avaient pas. J’acceptais tout simplement les rôles, les attributions et les fonctions dans le monde comme une part intrinsèque de son existence. Partout où mon regard se portait, je ne voyais qu’existence en développement, manifestation légitime enracinée dans un être et présente dans un but précis qui avait sa place dans le monde pour évoluer, apprendre et se déployer.

Cela durerait-il ou n’était-ce qu’une provisoire demeure, une échappée temporaire des fers de la condition des êtres mortels ? Une telle réalisation peut-elle se maintenir ? Est-il possible de survivre dans un monde privé de ses valeurs traditionnelles et du sens qu’on lui a affecté ? Comment un tel monde pourrait-il être maintenu dans un environnement humain où l’on juge tout selon les apparences ? Maintenir nécessiterait quelqu’un qui maintient, mais une telle personne avait déjà disparu avec tout le reste. Je réalisai que la maintenance prenait soin d’elle-même et que ma vie désormais serait un processus continuel de lâcher-prise et de réjouissance face au fait qu’il n’y a rien dont je ne fasse pas déjà intégralement partie.

Quelque chose s’était définitivement brisé, comme une cage de verre dépoli pulvérisée en des millions de morceaux et qui me laisserait désormais respirer l’air frais et voir le monde clairement comme si c’était la première fois. Il faudrait un miracle et un effort surhumain pour recoller tous ces petits morceaux de verre et reconstituer la cage à nouveau.

Oui, j’avais connu la tranquillité dans le passé, une bénédiction quotidienne octroyée par mon compagnon silencieux qui me rappelait à lui au moment où j’ouvrais les yeux. Où était-il donc maintenant ? Il était ici, en moi, tout à côté de moi et devant moi. Il était dans mes mains et dans mon corps et je pouvais voir le monde à travers ses yeux. En devenant son égal, j’étais devenu lui. J’étais le compagnon silencieux.

Il était dans mon cœur, mon sang et ma perception. Je vis tout ce qu’il avait vu toute ma vie lorsque je n’étais qu’à moitié éveillé, prenant mon rêve pour la réalité. Désormais je pouvais voir ce qu’il n’avait pas cessé de voir. Je compris pourquoi il était silencieux et en repos dans la connaissance profonde qui désormais s’étalait devant moi. Dans le passé, il m’avait pointé du doigt la vérité lorsque je l’avais demandé et maintenant je partageais la vérité de sa position et de son point de vue ; la seule chose que j’avais à faire désormais était de simplement ouvrir les yeux, voir, et regarder. Alors que je voyais et regardais, un frisson chaud et une bénédiction me   parcoururent – me confirmant que tout cela était vrai.

dimanche 12 novembre 2017

• Ne dites jamais "je" en public !

               Encore un qui s'est fait avoir !

vendredi 10 novembre 2017

• Il est toujours l'heure d'être - Charles Coutarel


"L'ego meurt-il?"
Comment ce qui n'a pas d'existence en soi peut-il mourir?... 
L'ego est le développement hypnotique et la répétition compulsive de la pensée "Je". Ego signifie 'je'. C'est la pensée racine. C'est un jeu d'identité se déployant dans la conscience. Rien d'autre. Et ce "je-ego" est complètement imaginaire et imaginé. Le "je" est une fonction d'identité fantasque jouant au coeur de soi. Pure invention. Le 'je' se croit, l'être est.
Seul le sens d'être est réel, le reste ne l'est pas. Simple apparition.
L'identification avec la pensée 'Je', c'est l'illusion.
L'ego meurt-il? Une illusion meurt-elle? C'est l'histoire de l'obscurité et de la lumière. Quand la lumière apparaît, où l'obscurité va-t-elle? Nulle part. Est-elle morte? Non. Simplement la lumière est là. L'obscurité n'est plus visible. Et d'où vient cette lumière? C'est le pur sens d'être lui-même, il est toujours là, dans l'obscurité de lui-même. Le 'Je' est l'obscurcissement, le recouvrement du sens de l'évidence d'être. Le sens d'être, la nature d'être est toujours.
Le recouvrement va et vient, comme l'obscurité et la lumière, c'est une partie de cache-cache imaginée. Lumière, obscurité, qui est conscient de cela? Quelle est la source, l'origine?... Il n'y a qu'être. Ni 'je', ni 'non-je'. Ni lumière ni ombre. Nous savons tous ce que les avals valent et plus ou moins ce qu'une vie vaut, mais 'être', connaissons-nous la valeur d'être?...
Comment ce 'je' qui n'est pas réel peut-il mourir? Comment ce qui ne dort pas peut-il s'éveiller? C'est le 'je' qui soudainement s'interroge et demande; "Finalement qui suis-je?"... C'est ce 'je' de rêve, ce 'je' fantôme qui "s'éveille" à lui-même 'non-je' et se réalise Conscience Absolue.
Y a t-il mort d'homme? Non. L'identité est-elle criminelle? Ni oui ni non. Elle n'est simplement pas réelle. Faux et usage de faux. Qui reste pour combattre ou juger quoi? Personne!.. Est-ce la fin? Ça n'a jamais commencé! L'ego meurt-il? Qui demande?... Y a t-il  jamais eu quelqu'un?... (silence)... Que se passe-t-il?.. Rien. Quelle heure est-il?... Il est toujours l'heure d'être.
C'est toujours 'Maintenant & Ici'. C'est la seule 'bonne heure', le seul bonheur et la seule "Bonne Nouvelle" ou Evangile qui soit. Quoi?... Rien. C'est très joueur!... Sans ce 'je' où se mirer et se réfléchir, comment être se manifesterait-il?... D'ailleurs il ne se manifeste pas. C'est Cela qui Est.
Qui ou quoi reste là pour témoigner?...

jeudi 9 novembre 2017

• "Je Suis" est à vendre ?!

Comment est-ce possible ???


Ne répondez pas à cette annonce,
c'est une arnaque.
"Je Suis" est déjà ce que vous êtes,
de toute étreternité !

mardi 7 novembre 2017

• L'ego, une construction qui n'est plus nécessaire



L'ego est un mécanisme, pas une entité
       Par Suyin Lamour

La dissolution de l'identification à une entité aux commandes de sa vie met fin à toute quête, à tout mouvement de fuite vers l'avant, et au désir compulsif de contrôler les situations. Bien sûr, le conditionnement ne disparaît pas pour autant, et des réactions de défense ou de tentative de diriger les choses continuent de se produire. Mais elles ne se cristallisent pas. Elles sont très rapidement conscientisées et regardées avec amusement ou tendresse.
Les multiples aspects du psychisme ont une volonté propre et s'opposent souvent les uns aux autres, formant un système qui est sans cesse en quête d'équilibre. Ces aspects, tour à tour, se font passer pour le « moi », pour le centre de l'organisme corps-mental, afin de tirer à eux la couverture. Un combat se livre en permanence en nous entre diverses instances pour gagner la première place, et ce sont des énergies si puissantes qu'elles attrapent la conscience dans leurs filets. C'est ainsi que le simple sentiment d'être devient ce que l'on appelle « l'ego » et se pare d'attributs, de désirs et de besoins, alors qu'en soi il est la plénitude même. Le pur « Je suis » n'a besoin de rien, il est plein de lui-même. Paradoxalement, plus on lui ajoute quelque chose, plus cela crée un sentiment de manque.
Mais l'ego est un mécanisme, ce n'est pas une entité qui serait au centre du psychisme. Une telle entité n'existe que dans notre imagination. L'individu est un système, un ensemble de parties, une somme de conditionnements. Une fois que ce mécanisme a été vu et compris, il ne peut plus y avoir de lutte contre lui. On ne combat pas un ordinateur. On supprime certains programmes ou bien on effectue des mises à jours, mais on n'essaie pas de le soumettre, de lui faire lâcher prise, de lui faire réaliser qu'il n'est qu'un ordinateur et qu'il n'a pas de pouvoir personnel. Cela n'aurait aucun sens. Il en va de même pour l'ego, le « moi ». Quand sa nature est profondément reconnue comme illusoire, tout combat contre lui s'arrête. Il ne reste que la Vue. Voir est la fonction de la Conscience. Et la Conscience est pur accueil de ce qui est, sans jugement et sans préférence, car sans concept.
Les aspects du psychisme peuvent toujours entrer en action pour tenter de gagner la première place, mais cela ne fonctionne plus. C'est comme un mouvement qui s'élève et qui retombe, penaud. Car il repose sur la croyance en l'existence d'un centre de pilotage, et cette croyance, depuis la Vue, s'effondre. Alors ces instances intérieures sont invitées, avec beaucoup de compassion et de gratitude pour leurs tentatives de prendre soin de l'organisme ou de le protéger, à s'en remettre en confiance à l'Intelligence et à l'Amour infinis de la Vie qui sait parfaitement répondre aux besoins du corps-mental. Dans cette perspective, il est reconnu que c'est en réalité au sein de cette Présence aimante qui Voit, de ce « Je suis » rempli de lui-même, de cette plénitude intrinsèque et sans condition de l'Etre, que se trouvent la satisfaction et la sécurité recherchées par l'ego.

Voir aussi en complément cet ancien post : "Le même "je" que tout le monde"

lundi 6 novembre 2017

• Il n'y a pas d'erreur dans le Soi - Poonja-Ji


Les objets qui émergent du Soi sont tous comme ils doivent être. Le samsâra que nous voyons autour de nous est, dans sa totalité, une manifestation du Soi. Tout ce qui se voit, se sent, se goûte est magnifique. Il n'y a pas d'erreurs dans le Soi. Tout est comme cela doit être, un déploiement merveilleux de la perfection même... Tout se déroule comme cela doit se dérouler.
Ce que je dis, c'est : "Restez tranquille"... Si vous laissez le mental pendant une seconde, juste une seconde, la sainteté se révélera elle-même et vous fusionnerez avec elle. 
Ne faites pas d'efforts, n'observez aucune pratique et gardez le silence juste pendant une seconde. C'est tout ce que vous avez à faire... Durant cette seule seconde écartez tout ce qui appartient au passé et ne pensez pas au futur... Dans ce moment de silence, celui qui voulait goûter la vérité disparaît. A cet instant, il devient ce qui est goûté.

mercredi 1 novembre 2017

• Nous l'appellerons la Présence - Poumi Lescaut


Le corps est un univers à rencontrer d’urgence et qui peut nourrir la pratique de tout art, y compris celui de soigner ou d’enseigner. « Dansez ! » s’adresse donc autant aux danseurs qu’aux acteurs, psys et thérapeutes de tous horizons, philosophes, poètes et à tous ceux pour qui le corps est le point de départ de la connaissance. Art, spiritualité et thérapie sont ici indissociables. 
La danse y est vécue comme outil de transformation en englobant l'être entier, physique, subtil et spirituel, vers l’expérience de l’unité. . La danse vue par Poumi Lescaut nous invite à poser un regard neuf sur soi, sur l’autre, sur la vie de tous les jours en déshabituant le regard, qui alors s'élargi. Nous sommes invités à explorer tous les étages de l'être, dense et subtils qui s'unifient pour accoucher de notre propre mystère…
« Ce livre est un puzzle merveilleux. Une combinaison inclassable. On y trouve des cosmogonies, des envolées esthétiques et des considérations scientifiques, des témoignages spirituels et beaucoup de souvenirs extraordinaires, notamment rapportés d’Inde… Dans ce livre, on trouve aussi de très intéressantes considérations sur le mouvement, sur le corps, le rythme, la respiration, l’énergie, l’espace-temps, le vide… »
Extrait de la préface de Patrice van Eersel.

Le travail de recherche de Poumi, chorégraphe, danseuse, art thérapeute relie les savoirs d’Orient et d’Occident au travers d’une étude expérimentale de terrain sur une cinquantaine d’années.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel

S’oublier, s'abandonner

En anglais « surrender », se livrer totalement à la volonté de l'univers, est un terme explicite qui exprime en un mot toute une façon d'être. En fait s'oublier c'est quand l'égo s'efface en laissant toute la place à l'Etre. 
S’oublier est ce qui peut nous arriver de mieux et c’est sans doute au cœur de cet abandon, de cette confiance, que l'on peut rencontrer qui l'on est réellement. Sans ces peurs conscientes et inconscientes que le corps matérialise par des tensions négatives, l'oubli de soi libère l'énergie et ouvre pleinement la voie à l'inspiration. Là on n'est plus encombré de soi. En allant jusqu’au bout de cet abandon dans le geste, tu crées un mouvement et en même temps tu t’abandonnes dedans. 

La beauté naît du contraste de cet abandon par une liquidité de la danse avec un mouvement très contrôlé, tenu, ténu ou tranchant. Quand l'abandon se refuse, la magie du geste se refuse également. Si l'on veut tout contrôler il sera difficile de trouver le dosage subtil qui s'équilibre avec l'abandon. Par ailleurs, juger ce que l'on fait empêche le plaisir de danser et sûrement d'en tirer un bénéfice quelconque, en s'oubliant tout cela disparaît comme un mirage. En oubliant la peur de mal faire, en étant dans le plaisir de danser, la beauté et la plénitude du geste se révèlent. 
Oser et s'oublier. 
Oser s'oublier. S'oublier c'est lâcher l'attachement au résultat. C'est laisser tomber quelque chose qui ressemble à un vieux vêtement. Un vieil attachement. Ici encore, on voit pourquoi le danseur est un yogi qui souvent l'ignore ! Car qui mieux que le danseur a l'expérience de l'instant comme seule réalité ?
S'oublier pour avoir accès à la mine d'or que nous détenons potentiellement au dedans. Les mains se détendent, car le cœur se détend qui ouvre le visage et le cœur des mains. Là, la beauté apparaît par la libération du flot intérieur. C'est ce qui apparaît quand il n'y a plus rien de solide, d'opaque, d'attaché, que l'identification à la matière, au corps physique, s'effacent. Le mieux étant pas d'identification du tout. En s’oubliant dans le mouvement le poème s'écrit de lui même, seule la danse existe qui t'emmène, c'est elle qui te guide car le « je » n'est plus valide et la danse devient fluide et habitée car elle va au-delà. 
Entrer dans un état de détente complète dans lequel on trouve la justesse d'agir, modifie l'état d'esprit intérieur et permet d'entrer dans une dimension où la danse se déroule en toi, puis de toi vers le monde et les soucis techniques s'effacent d'eux-mêmes. 
Cela conduit à un oubli de soi et là ce n'est plus toi qui veux danser, tu deviens la danse. Au delà du geste ordinaire, la danse emmène ailleurs, dans un voyage où il n'y a plus ni intérieur ni extérieur, c'est comme se retourner pour emprunter le chemin opposé, vers le dedans. C'est une expérience qui surprend celui qui danse autant que celui qui regarde. C’est là qu’elle devient véritablement un art, quelque chose de l'être secret de l’interprète se dit alors qui se transmet au spectateur. Un écrivain (entendu sur France Culture) a dit « Les artistes parlent des vraies choses, celles qui se passent à l'intérieur des êtres ». 

Celui qui reçoit sera soulevé par l'énergie qui se dégage, énergétisé par ce qu'il reçoit. 
Il n'y a là rien qui passe par la compréhension, par le mental, c'est purement de l'ordre du sensible, du subtil. C'est un état qui s'apparente à la transe, mais où l'on reste ancré dans le réel.  Quand on s'oublie on est sous le contrôle d'une énergie autre, qui peut porter toutes sortes de noms : l'invisible, les esprits, l'univers, tout ce qui est plus grand que soi et qui est justement indéfinissable. 

Nous l'appellerons la Présence.

vendredi 27 octobre 2017

• Tu es l’arrière-plan silencieux, tranquille et immuable - Jeff Foster


Quelques temps après être devenu jeune diplômé en astrophysique de l'Université de Cambridge, Jeff Foster s'est tourné vers une recherche spirituelle intense. Il a découvert que la libération est déjà présente et que tout ce que nous faisons pour l'atteindre est simplement erroné. Il donne aujourd’hui des conférences en Angleterre, Europe, Amérique, etc., sur ce qu'on nomme la « non-dualité » (advaita), mais qu'il préfère appeler l’évidence absolue. Il est l’auteur de La vie sans centre, publié aux éditions L’originel-Charles Antoni, livre qui a rencontré un vif succès.

Se reposer  présente une sélection de textes de Jeff Foster qui nous montre comment trouver des ressources dans nos moments difficiles, quand nous nous sentons épuisés ou désespérés, et aussi comment trouver le sacré dans l’ordinaire.
Le message de ce livre est simple : « Arrêtez d'essayer d'être heureux ; arrêtez de fuir votre malheur ; embrassez-vous vous-même tel que vous êtes, et découvrez un bonheur plus profond. »
Au lieu de chercher à vivre à partir d’une image de perfection ou de bonheur, la Voie du repos de Jeff Foster consiste à nous aimer, exactement tel que nous sommes, à embrasser notre existence dans toutes ses dimensions, avec nos parfaites imperfections, avec nos doutes, nos cicatrices. Ce livre nous offre la permission de nous reposer enfin pour ressentir pleinement le monde, pour vivre la totalité de l’expérience de la vie, exactement telle qu’elle est.
Jeff Foster fait entendre une voix originale et profonde dans le monde de la spiritualité, et qui touche pour cela de nombreux lecteurs, parce qu’il nous autorise enfin à être entièrement nous-même sans rien renier de notre humanité. Tout est inclus au cœur même de la Présence : il suffit de s’y reposer.
Ces pages inspirées nous aident à cultiver la vulnérabilité, à trouver la tranquillité d'esprit et à célébrer la majesté du moment présent.

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Almora :

          Le choix et les miracles
Aujourd’hui, choisis de faire ou de ne pas faire de choix. Décide ou pas que maintenant ce n’est pas le moment des décisions. Peut-être qu’aujourd’hui c’est le moment d’honorer l’incertitude, de la maintenir proche, de rendre sacré cet espace très familier d’ «il n’y a pas encore de réponse».
Il n’y a pas d’autre choix que d’être ici, là où tu es maintenant, un lieu ancien qui permet à la fois la certitude et l’indécision, le choix et l’impossibilité du choix, les réponses et les questions sans réponses, et le doute le plus profond. Il n’y a pas le choix parce que ce moment est déjà exactement tel qu’il est, avec cette respiration, ces pensées, cette merveilleuse incertitude, cette immensité en laquelle tout est possible.
Tu choisis, et tu n’as pas d’autre choix que de choisir. Ou tu ne choisis pas, et tu n’as pas d’autre choix que de plonger dans cette absence de choix, de la saluer, aujourd’hui. 
Alors cette idée entière du choix, et avec elle, l’idée de «celui qui choisit ou qui ne choisit pas» se dissout dans les crépuscules, les hirondelles, le parfum de la lavande, et le rire, le prochain expir, et l’inspir suivant, la respiration qui se respire elle-même, et ceci est le temps des miracles. 

          Rentrer et sortir du maintenant?

On nous a enseigné à penser au «moment présent» comme étant une tranche infinitésimalement petite de temps, en sandwich entre le passé et l’avenir, mais cela n’est pas tout à fait exact. Au lieu de l’appeler «moment présent» appelons-le «mouvement présent», et voyons-le différemment: en tant que danse présente de la vie, cette danse en temps réel, immédiate, vive, toujours changeante de la pensée, de la sensation, du sentiment, des sons, des odeurs, des envies, des impulsions, des images, des souvenirs et des rêves.
Quand nous jetons un regard neuf sur le lieu où nous sommes, tout ce que nous trouvons est ce mouvement présent, qui n’est pas «dans» le passé ni l’avenir, mais qui est vivant et se produit Maintenant. Bien sûr, le passé et l’avenir apparaissent ici, également, sous la forme d’images et de sentiments, de souvenirs et de projections. Il n’y a que ce mouvement présent, qui inclut «ton» passé et «ton» avenir, et c’est tout ce que tu as jamais connu, et tout ce que tu connaîtras jamais, car cela inclut toute la connaissance et les doutes aussi.
Voilà alors la question: qui, qu’est-ce qui est conscient de ce mouvement ? Si celui que tu es vraiment était piégé dans ce mouvement, contenu en lui, défini par lui, limité à celui-ci, tu ne connaîtrais jamais le mouvement en tant que mouvement. Dis simplement, celui que tu es vraiment ne bouge jamais et, de ce fait, est toujours conscient de tout le mouvement du moment, tout comme l’écran de cinéma laisse passer tous les films, toutes les situations changeantes et les glissements temporels au passé et au futur, alors que lui-même ne bouge ni ne vieillit ni ne voyage jamais dans le temps, toujours fermement enraciné en tant que Présence. Tu es l’arrière-plan silencieux, tranquille et immuable du mouvement présent de la vie. Tous les mouvements se produisent dans, et en raison de, ta présence. Tu es la seule constante ici.
Le passé – en tant que pensées, souvenirs, images – se produit Maintenant, dans ta présence, et non pas «dans le passé».
Le futur – en tant qu’images, plans, espoirs, rêves, fantasmes – se produit Maintenant, dans ta présence, et non pas «dans l’avenir».
Chaque pensée – et même la pensée du passé – est une pensée présente. Chaque sentiment – et même un sentiment soi-disant «ancien» – fait partie du mouvement présent de la vie. Chaque son, chaque odeur, chaque goût, chaque rêve, chaque désir, se produit ici, là où tu es, se manifeste et se dissout dans ta Présence immuable, qui n’a jamais voyagé nulle part dans le temps ou dans l’espace.
Le Maintenant n’est pas une petite tranche de temps entre le passé et l’avenir, mais une capacité englobant le passé, le présent et l’avenir, le potentiel illimité de l’expérience, et ainsi nous pouvons dire ceci:
Tu ne peux pas «rentrer» ni «sortir» du Maintenant. Tu es le Maintenant.

          Être avec la sensation
Prends contact avec une sensation physique sans la juger.
Ne pense pas à cette sensation, ne l’analyse pas, sois simplement avec elle.
Tu ne l’as pas créée. 
Tu n’en es pas responsable.
Elle n’est pas de ta faute.
Tu n’as rien fait de mal.
Ce n’est pas ton travail de la guérir, de l’améliorer, de t’en débarrasser, ou même de te demander «pourquoi» elle est ici.
Comme la rosée du matin, ou le rugissement du trafic hors de ta fenêtre, elle n’est pas personnelle.
Connais moins. Ressens plus.
Confie-toi au moment.

Sors de l’histoire du passé, avec ses culpabilités et ses regrets.
Sors de l’histoire de l’avenir, avec ses peurs et ses anticipations.
Ressens cette sensation brute maintenant, la vie dans sa forme la plus pure, une danse de l’énergie.
Elle est ici pour un moment.
Honore son apparence fugace.
Sois l’espace pour la sensation, son contenant, sa présence, son étreinte chaleureuse.

mardi 24 octobre 2017

• En un instant, le sentiment d’être quelqu’un de séparé s’évanouit - Sam Harris


Dans cet essai percutant et provocant, Sam Harris nous montre que le chemin spirituel, l′expérience que la conscience peut transcender l′ego, correspond bien à une possibilité de l′esprit humain, confirmée par les neurosciences. Mais pour découvrir cette dimension ouverte de l′esprit, encore faut-il se dégager des superstitions religieuses qui sont venues le voiler et c′est ce que Harris cherche à faire : Séparer la spiritualité de la religion.
A la fois recueil de souvenirs, enquête sur la nature de la conscience, réflexion philosophique sur l′énigme du moi, qui de pleine conscience, cet essai est riche d′intelligence et de profondeur.
Voici peut-être le livre de spiritualité que le XXème siècle appelait de ses voeux, car il montre comment accomplir les plus profondes vérités des mystiques d′Orient comme d′Occident tout en gardant l′approche rationnelle la plus rigoureuse. Aucun autre livre ne marie avec autant de force et de clarté la sagesse contemplative et la science moderne; et aucun autre auteur que Sam Harris, à la fois philosophe, scientifique et sceptique, ne pouvait l′écrire.
© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Almora.

J’ai passé une fois un après-midi sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade, au sommet de la montagne où l’on croit que Jésus a donné son plus fameux sermon. Il faisait une chaleur infernale, et le sanctuaire où j’étais assis était rempli de pèlerins chrétiens venus de nombreux continents. Certains étaient réunis en silence dans l’ombre, tandis que d’autres chancelaient au soleil, en prenant des photographies.
Alors que je regardais les collines environnantes, un sentiment de paix m’envahit. Il se transforma rapidement en une tranquillité bienheureuse qui réduisit mes pensées au silence. En un instant, le sentiment d’être quelqu’un de séparé – un «je» ou un «moi» – s’évanouit. Rien n’avait changé – le ciel sans nuage, les collines brunes descendant vers une mer intérieure, les pèlerins qui serraient leurs bouteilles d’eau – mais je ne me sentais plus séparé du spectacle, en train de le regarder de derrière mes yeux. Seul le monde demeurait.
L’expérience dura juste quelques secondes, mais elle se reproduisit de nombreuses fois alors que je regardais la terre où Jésus est supposé avoir marché, où il est supposé avoir réuni ses apôtres, et accompli de nombreux miracles. Si j’avais été chrétien, j’aurais sans nul doute interprété cette expérience en termes chrétiens. J’aurais pu croire que j’avais aperçu l’unité de Dieu ou que j’avais été touché par le Saint Esprit. Si j'avais été hindouiste, j'aurais pensé en termes de Brahman, le Soi éternel, dont on pense que le monde et tous les esprits individuels sont une simple modification. Si j'avais été bouddhiste, j'aurais pu parler du « dharmakaya du vide», en quoi toutes les choses apparentes se manifestent comme dans un rêve.
Mais je suis juste quelqu’un qui fait de son mieux pour devenir un être humain rationnel. C’est pourquoi je suis très lent à tirer des conclusions métaphysiques à partir des expériences de cette sorte. Et cependant, j’aperçois ce que j’appelle l’absence du moi intrinsèque de la conscience tous les jours, que ce soit dans un site sacré traditionnel, ou à mon bureau, ou lorsque je me brosse les dents. Ce n’est pas un hasard. J’ai passé de nombreuses années à pratiquer la méditation, dont l’objectif est de supprimer l’illusion du moi.

lundi 23 octobre 2017

• Ce non-être est comme un océan grandiose - Lester Levenson


Il m'était évident que je n'étais pas ce corps ni cet esprit comme j'avais pensé être. Je le voyais seulement et c'est tout. C'est simple quand vous le voyez. Aussi je cessai de m'identifier à ce corps. Et quand je le fis, je vis que ce que mon non-être était tout non-être, ce non-être est comme un océan grandiose. Ce n'est pas un virage vers le haut dans des endroits appelés « gouttes de corps ». C'est un seul océan. 

Cela me fit m'identifier à toute chose, chaque personne et même chaque atome dans cet univers. Et c'est une expérience si immense, c'est indescriptible. D'abord vous voyez cet univers en vous, puis vous voyez l'univers comme étant-vous. Puis vous connaissez l'unicité de l'univers. Puis vous en avez fini pour toujours avec la séparation et toute l'infernale méchanceté qui est causée uniquement par la séparation. Puis vous ne pouvez plus être mystifié par les limitations apparentes du monde. Vous les voyez comme un rêve, comme quelque chose qui n'est qu'apparent, parce que vous savez que votre propre non-être n'a pas de limite ! 

dimanche 22 octobre 2017

• La non-dualité expliquée par les ondes - Armella


Merci à Armella pour cette (tentative d') explication extrêmement simple !
Vu sur son blog Conscience Quantique.

La « non-dualité » expliquée par les ondes

Si vous avez déjà essayé la méditation,
sans doute avez vous déjà entendu parler de la « non-dualité« , un mystérieux état de conscience  aussi appelé « vacuité« …
Mais c’est quoi la non-dualité ???
Et bien voici une tentative d’explication en
bande-dessinée et en ondes !

mercredi 18 octobre 2017

• Rencontre en présence - Suyin Lamour & Pierre Leré Guillemet (troisième partie)

TROISIÈME (et dernière) PARTIE



Suyin Lamour sera à Albi le dimanche 29 octobre (voir l'annonce dans le post précédent) !

mercredi 4 octobre 2017

vendredi 29 septembre 2017

• Ce "moi séparé" n'a pas d'existence réelle - Daniel Morin

En redonnant de l’importance au point de départ, ce qui est, et pas ce qui devrait être à la place, Daniel Morin opère un renversement de perspective. Il nous propose de partir tout de suite de l’inconditionnel, de la non discussion à ce qui est déjà là. 
Cette vision inversée de celle qui est généralement proposée nécessite qu’au lieu de partir d’un moi qui voudrait s’améliorer, nous partions de l’évidence que nous sommes  déjà relié au Tout, que rien n’est séparé et que tout se passe en même temps.
L’être humain n’a qu’un seul problème apparent, vouloir autre chose à la place de ce qui est déjà là. Ce qu’on appelle la pratique va consister à voir cette méprise. Chaque fois qu’une personne veut autre chose à la place de ce qui est – ce qui est absolument impossible – cela renforce l’illusion d’un moi fantôme se croyant autonome, ce qui entretient un sentiment de séparation et une grande espérance pour le futur. Le plus important, c’est de mettre en cause l’illusion d’être un moi séparé, un moi qui se croit possesseur de lui-même. Tout le reste en découle naturellement.  

La perspective de Daniel Morin est compatible avec toutes les traditions, que les gens soient athées, catholiques, bouddhistes ou autres. Elle invite à une tranquillité de base inconditionnelle, co-existante avec les conditions impermanentes de  la vie ordinaire. « Voir que la séparation est une illusion ne demande pas de temps. Seule l’évidence peut nous ramener au Mystère et à l’humilité. Rien n’est au-dessus du fait d’être soi-même, c’est-à-dire être un avec ».

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel :

Daniel : Au fil de nos rencontres, je me suis aperçu qu’il y a une méprise, une confusion, car nous ne parlons pas du même moi. Quand vous parlez de moi, je sais que vous parlez d’un moi séparé personnel qui veut s’améliorer, aller mieux, qui aurait sa volonté, son libre arbitre, son histoire, etc., celui de la carte d’identité. Alors que je parle d’un moi référence de forme, un moi lieu-dit de conscience, qui n’implique pas le sens de la séparation. Il y a donc apparemment deux sortes de moi. Donc chaque fois qu’on emploiera moi, est-ce qu’on parlera de la même chose ? C’est important de clarifier ce point. 
Le seul point important que je souhaite éclairer, c’est que ce moi séparé dont on parle souvent n’a pas d’existence réelle, ce qui implique que la séparation n’existe pas. Il n’existe pas une seule chose qui ne touche pas à une autre chose et qui n’est pas assujettie par cette chose. Rien n’est séparé. C’est uniquement le mode de la pensée habituelle qui semble séparer les choses.

Question : Le moi n’est qu’une apparence. Est-ce que l’éveil n’est pas simplement réaliser cela ?

Daniel : Je prends le mot éveil au premier degré : ne pas dormir, être pleinement conscient. On parle aussi de réalisation, dans le sens : as-tu bien réalisé que… ? Donc oui, c’est cela.

Q : Cette réalisation se fait-elle graduellement ?

D : Je te propose d’inverser le processus, de partir tout de suite de l’inconditionnel, de la non discussion, de l’absence de moi qui discute. L’amélioration éventuelle se fera d’elle-même. Ce n’est pas quand ta petite personne se sera améliorée dans le temps qu’enfin tu arriveras à comprendre quelque chose ! 
Puisque cette position juste ne demande pas de temps, il n’y a pas de progression. C’est très important, mais ça n’intéresse pas celui qui part de l’entité séparée et qui veut s’améliorer. Dès qu’on parle de progression, on dévalorise la qualité d’ici et maintenant, et on sous entend qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans la vie présente !
Quand tu t’identifies à une entité séparée, tu crois qu’avec de l’entrainement, tu arriveras à un état spécial personnel. Cherches-tu quelque chose de conditionnel ou d’inconditionnel ? En modifiant le conditionné, on n’arrivera jamais à l’inconditionnel. Vouloir s’améliorer dans le temps relève du conditionnel, du relatif, mais toute amélioration restera toujours dans le domaine de l’impermanence. Le Tout et la partie sont inséparables et de même nature.
Bien sûr que pour s’améliorer dans tel ou tel domaine relatif, il faut du temps. Si je suis un peu raide et que je veux devenir plus souple, il va falloir du temps. Mais je ne parle pas de ça ! Je parle de la relation à ce qui est déjà là ! 
La non-discussion n’a pas pour but que le moi séparé obtienne un bénéfice ! C’est simplement la vision que ce qui est, est toujours l’expression de la Totalité, de l’inconnaissable, que ça me plaise ou non. 
La vision de la non séparation, c’est quelque chose d’incroyable. Tout cela n’intéresse pas grand monde, car c’est repris par le personnage qui se demande : Mais qu’est-ce que je peux faire de tout ça ? Hélas, rien pour celui qui veut en faire quelque chose. Bien sûr, cela fait partie intégrante de l’apparence de ce qui est.

Q : Est-ce que c’est difficile d’avoir cette vision ?

D : Non ! Regarde, là, tu vas subtilement utiliser le temps pour éviter l’évidence. Voilà ce que je te propose : tout au long de cette journée, tu ne me parleras pas de ton passé, tu enlèveras tous les si, et tous les quand, ok ? Nous verrons alors quel est ton problème… L’évidence est toujours fraiche ! La non séparation est évidente : nomme-moi une chose qui ne soit pas influencée par autre chose, et qui ne touche pas autre chose. Ça remet en cause le sens de la séparation, sans passer par les cogitations !

Question : Daniel, n’est-ce pas une erreur de vouloir progresser vers un certain but ?

Daniel : Ce n’est pas une erreur puisque c’est, mais ça ne mène à rien d’autre que ce qui est déjà là et sur lequel tu n’as absolument aucun pouvoir. Qui veut progresser ? Et pour quoi ? La nature même du relatif, c’est le changement, c’est-à-dire qu’une chose n’est déjà plus ce qu’elle était. L’idée de progression implique un changement linéaire vers une amélioration définie, un but à atteindre. Mon propos n’est pas d’atteindre un but plus tard, mais de constater qu’il n’y a rien d’autre que ce qui est déjà là, ce qui enlève toute attente futuriste d’une délivrance personnelle. Il n’y a pas d’autre but que de constater que ce qui est là est l’exacte expression de la Totalité. 

Q : Mais le futur existe, du point de vue de la physique.

D : Le futur, c’est une pensée du présent, même du point de vue de la physique. Je te défie de vivre dans le passé ou de vivre dans le futur. Tu ne peux pas avoir de problème en-dehors du problème présent. Quand les gens disent qu’ils ont un problème dans leur passé, ils parlent d’un passé mémorisé qui les influence toujours au présent. 

Q : Là, tu parles au niveau de l’être, de l’absolu. Mais dans le relatif, il y a du temps ?

D : Bien sûr, ne serait-ce que pour pouvoir prendre le train ! 

Q : Mais ça sert à quoi alors de savoir qu’il n’y a pas de temps ?

D : Je ne vous dis pas que cela sert à quelque chose ou à quelqu’un, je vous dis simplement que vous êtes toujours en relation, maintenant, et que votre seul problème, c’est de vouloir autre chose à la place de ce qui a été, de ce qui est, ou encore plus tordu, de vouloir une certitude sur le plus tard. 

Q : Si j’étais convaincu que tout se passe en même temps, je ne voudrais pas autre chose à la place de ce qui est ?

D : Bien sûr, tu vivrais dans ce qui est. Ton seul problème, c’est le si que tu mets devant ta phrase ! Ce qui est là ne peut pas être autrement que ce que tu vois, conçois, etc. Ce n’est pas possible.

Q : Je le comprends, mais il y a quelque chose en moi qui ne change pas.

D : Ce n’est pas que ça ne change pas, c’est que la demande d’impossibilité se répète d’une façon mécanique et parfois inconsciente. Au nom de quoi devrais-tu réaliser ton idéal personnel ? Tel que tu es, tu fais partie du programme. Un orchestre n’est pas fait que de premiers violons !  

Q : Il y a des écrits, des enseignements qui parlent d’une complétude…

D : Tu voudrais une complétude personnelle qui dure, mais dans le monde manifesté, qu’est-ce qui est permanent ? Y a-t-il une chose qui ne change pas dans le monde tel qu’on le vit ? Personne ne peut saisir l’expérience du permanent. Personne. Il peut y avoir une compréhension intuitive du permanent mais pas de saisie du permanent. 
La complétude dont parlent les enseignements n’a rien à voir avec le quantitatif, ce n’est pas l’inverse du manque, puisqu’on ne peut rien lui enlever, rien lui rajouter. Cette complétude, c’est l’absence du questionneur, l’absence de celui qui veut la complétude, ce qui va générer de ce fait un sentiment stable tout à fait compatible avec le monde de l’impermanence, du mouvement, du manque. 
On ne peut expérimenter que l’impermanence ou le relatif, qui est une vision partielle de l’absolu mais de même nature. En tant qu’individu, il n’y a pas d’autre but possible que celui de vivre le relatif à 100%, tel qu’il apparaît. 

Q : Donc vivre le relatif à 100%, ça veut dire que rien n’est jamais construit, il n’y a pas de fixation.

D : Absolument, tout est changement, c’est l’impermanence.

Q : Est-ce que ça exige une attention totale ?

D : Non, une détente ! Tant que ça reste une compréhension intellectuelle, ça ne te sauvera pas. Il faut que tu vives et revives l’exercice de l’évidence pour être convaincu. Il faut que ça devienne une certitude. Seule la certitude libère du doute.

==> Voir aussi cette page de mon ami Eric : Phytospiritualité