jeudi 1 décembre 2016

• L’objet d’un canular - Nisargadatta Maharaj


Dans mon état originel d’unicité et de complétude, je ne savais même pas que j’existais. Puis, un jour, on m’apprit que j’étais «né», qu’un corps particulier était «moi» et qu’un couple particulier était mes parents.
Dès lors, je me suis mis à accepter d’autres informations sur «moi», jour après jour, et c’est ainsi que j’ai façonné une personnalité au complet, simplement parce que j’ai accepté la charge d’être né, bien que j’aie été parfaitement conscient de ne pas avoir eu l’expérience d’être né, que je n’ai jamais consenti à naître et que mon corps a été lancé sur moi.
Les conditionnements sont devenus de plus en plus forts, ils se sont renforcés au point où non seulement j’ai accepté la charge d’être né en tant que corps particulier, mais en plus qu’un jour futur je «mourrais» ; le mot même de «mort» est devenu un mot redouté par moi, il signifiait un événement traumatique. Y a-t-il quelque chose de plus ridicule ?
Par la grâce de mon guru j’ai réalisé ma nature véritable et je me suis aussi rendu compte à quel point j’avais été l’objet d’un canular.


lundi 21 novembre 2016

• L’absorption dans le Soi a continué dès cet instant - Ramana Maharshi


Voici enfin « Self-Realisation », la vie et les enseignements de Ramana Mahârshi, la première et plus ancienne biographie sur l’un des plus grands Sages de l’Inde contemporaine. C’est un ouvrage de référence. Il fut écrit du temps du Mahârshi par Srî Narasimha Swami, l’un des anciens et proches disciples du Sage d’Arunachâla. Il vint auprès de lui dès les années vingt, période de Skandâshram, le Sage vit alors dans une grotte. Il n’y avait alors que quatre ou cinq disciples permanents auprès de lui.
Les faits marquants de sa vie, les dialogues et monologues (quand il évoque certains faits) sont de la bouche même du Mahârshi. Ce sont des inédits. Ils furent fidèlement rapportés par Narasimha Swami son disciple et biographe. Avant d’être publié il fut lu et corrigé auparavant par le Mahârshi. 
Narasimha Swami amena le Sage à évoquer avec forces détails son enfance, son expérience de la mort à Madura, son départ de la maison familiale, ses années d’ascèse au temple de Tiruvannamalai et autre, puis dans les grottes de la sainte montagne d’Arunachâla, ses rapports avec des sadhus malveillants, ses rencontres... 
L’on trouvera aussi des satsang inédits avec les tous premiers disciples occidentaux : Major Humphreys et Paul Brunton, ainsi qu’avec ses frères spirituels indiens 

Ce récit particulièrement vivant est celui d’une vie : de la quête de l’éveil. Il dépeint aussi avec véracité l’Inde rurale, traditionnelle et religieuse du XXème siècle. Le style est agréable, imagé, parfois lyrique. Il y a là une grande fraîcheur, alliée à une grande humilité et simplicité. L’humour est présent et à bon escient. Si le regard, « intelligent », est sans concession, il est aussi fort lucide, mais toujours empreint de compréhension et d’empathie. Tout le récit – quel que soit le ton adopté – tend toujours vers la réalisation du Soi.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel

Le bouleversement qui va survenir dans la vie de Venkataraman (le nom de naissance de Ramana Maharshi), le grand éveil qui transformera sa morne et terne vie en la plus haute réalisation, survient au milieu de l’année 1896, alors qu’il est dans sa dix-septième année – âge auquel la majorité des mystiques ont fait l’expérience de leur « conversion » ou débuté une nouvelle vie. Les changements qui surviennent dans la personne sont toujours difficiles à observer vu de l’extérieur, particulièrement s’ils surviennent chez une personne habituée à ne pas exprimer ses pensées et sentiments. Comme Venkataraman appartient à ce type et qu’il est une énigme même pour ses frères et amis, il est préférable de décrire le « changement » avec ses propres paroles. Bien après cet évènement majeur, ses disciples lui demandèrent souvent comment survint cette transformation, et ce qui suit constitue en substance ses propres paroles :
« Ce fut environ six semaines avant de quitter Madura pour accomplir mon chemin que le grand changement survint dans ma vie. Ce fut très soudain, alors que j’étais assis seul au premier étage de la maison de mon oncle. J’étais en bonne santé. Ne souffrais que rarement d’aucune maladie et dormais fort bien. Comme j’étais à Dindigul en 1891, un jour, un grand nombre de personnes frappèrent à la porte de ma chambre alors que je dormais profondément, criant et m’appelant, mais en vain. Ce ne fut qu’en entrant dans ma chambre et en me secouant fortement que je fus réveillé de mon sommeil. Ce profond sommeil était plutôt un signe de bonne santé. La nuit, j’étais aussi sujet à des phases de somnambulisme. Mes rusés compagnons de jeu n’osant pas me chahuter quand j’étais éveillé, profitaient de mon sommeil pour se jouer de moi, me bousculer, me déplacer et me ramener dans mon lit. Durant tout ce temps, je supportais tout avec constance, humilité, pardon et passivité – autant de sentiments inconnus de ma nature première. Au matin, je n’avais pas le plus petit souvenir de ce qui s’était passé la nuit. Mais ces phases de somnambulisme ne m’affaiblissaient pas davantage ou ne me rendaient pas moins apte à vivre, aussi ne pouvait-on les appeler une maladie. 
Aussi, alors que j’étais assis en ce jour et seul, en parfaite santé, une frayeur irrépressible me saisit soudain. Je me sentis sur le point de mourir. Pourquoi cette sensation ? Même maintenant, celle-ci ne peut s’expliquer par une agitation corporelle intérieure que je n’avais pas, ni trouver une explication rationnelle.
Toutefois, je ne pris pas la peine de découvrir le fondement de cette peur. Je sentais : « Je vais mourir », et commençais de penser à ce que je devais faire. Je n’envisageais pas de consulter des médecins, parents ou même amis. Je savais que je devais résoudre le problème moi-même, là, ici et maintenant.
Le choc de la peur de la mort me fit immédiatement investiguer, ou « introvertir ». Je me dis à moi-même mentalement – c’est-à-dire sans proférer les mots : « Maintenant la mort vient. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce qui meurt ? Ce corps meurt . » Et de suite, je dramatisai la scène de la mort. J’étendis mes membres et les tins rigides, comme si rigor mortis s’en était saisie. Je donnais au corps un air de réalité mortuaire afin de poursuivre mon investigation. Je retenais mon souffle et gardais la bouche fermée, serrant fortement les lèvres afin qu’aucun son ne s’échappe. « Ne laissons pas le mot “je” ou aucun autre être prononcé ! Bien », me dis-je à moi-même, « ce corps est mort. Il sera emporté tout raide au lieu de crémation et réduit en cendres. Mais avec cette mort du corps, suis-“je” mort ? Le corps est-il le “je” ? Ce corps est inerte et privé de vie.
Mais je sens la pleine force de ma personnalité et même le son “je” en moi-même – à part du corps. Aussi “je” suis un esprit, une chose transcendant le corps. Le corps matériel meurt, mais l’esprit le transcende et ne peut être touché par la mort. De ce fait, je suis l’esprit immortel . »Tout cela n’était pas le fruit d’un simple processus intellectuel, c’était une vérité qui m’apparut avec une grande force, quelque chose qui fut perçu immédiatement, presque sans avoir à argumenter. Le « je » était quelque chose de très réel, la seule chose réelle dans cet état, et toute l’activité consciente qui était liée à mon corps était centrée sur cela. Le « je » ou mon « Soi » retenait tout le centre de mon attention par une puissante attraction.
La peur de la mort avait totalement et à jamais disparu. L’absorption dans le Soi a continué dès cet instant et jusqu’à ce jour. D’autres pensées peuvent venir et repartir comme les diverses notes d’un musicien, mais le « Je » demeure comme la base ou la note tonique [ shruti ] fondamentale, laquelle accompagne et unit toutes les autres. Que le corps soit engagé à parler, lire ou autre, j’étais toujours concentré sur le « Je ».

lundi 10 octobre 2016

• L'éveil, le bonheur, sont notre nature et notre demeure véritable - Patrice Gros


Cet ouvrage est le fruit de 25 ans d'enseignement et de pratique du Reiki. Notamment, la première partie aborde les points cruciaux, ainsi que la philosophie, de cet art énergétique sacré.
Tout un chapitre est dédié aux pratiques méditatives de base transmises par Usui sensei, le fondateur de cet enseignement, et un autre traite de la relation entre la non-dualité, l'éveil spirituel et le Reiki.
Ce livre est l'un des plus aboutis que Patrice Gros ait écrit (avec son tout premier "L'art et la pratique spirituelle du Reiki", réédité chez Grancher également).

Vous y trouverez, notamment dans le Chapitre 8 : "Reiki et éveil de la conscience", le témoigne de Nicole Montinéri, particulièrement émouvant. Celui de Patrice Gros, "Une immersion momentanée dans l'éveil" ; celui de Christophe, qui bascula dans la non-dualité suite à son initiation au Reiki : "Le Reiki n'est qu'une prolongation de cette conscience" ; et enfin celui de Suyin Lamour, "Un secret ouvert".

Extrait choisi publié avec l'aimable accord des Éditions Grancher

LA GRÂCE

Pour conclure cet ouvrage, j'ai juste envie de partager avec vous cette joie spacieuse à laquelle la pratique du Reiki nous invite, et vous dire, du fond de mon coeur : soyez heureux, maintenant ! Quelles que soient vos préoccupations présentes, laissez cette joie se manifester. Je la sais communicative et contagieuse.

Cela nous demande aussi d'effectuer un saut dans le vide, sans parachute. C'est apprendre à lâcher-prise et à s'abandonner, complètement et ouvertement, à chaque instant. C'est le "oui inconditionnel" auquel je faisais référence en parlant du gasshô. Une fois que l'on a vraiment fait ce saut, nos cellules en gardent la mémoire. Par la suite, ce processus se met en route de lui-même, à chaque nouvelle situation qui demande de s'en remettre à ce qui est. On est même surpris de voir que, malgré soi, cela agit presque automatiquement. Cela veut dire aussi que ce n'est plus le petit moi, illusoire qui plus est, qui est aux commandes. On découvre alors que c'est la Vie, ce quelque chose de bien plus grand que notre conscience limitée, qui agit à travers nous... C'est cela que je souhaite partager avec vous en cette fin d'ouvrage, parce que le sous-produit en est un sentiment de joie infinie.

En réalité, tout est absolument parfait, là, tel que c'est. Même si l'on pense que les conditions ne sont pas ce qu'il pourrait y avoir de mieux dans sa vie, le fait même qu'elles sont ce qu'elles sont et qu'elles se présentent à soi de cette façon montre, qu'au regard de l'Univers, de Dieu ou de la Vie (quel que soit le nom que vous souhaitiez lui donner), cela est juste, même si on ne le perçoit pas ainsi.
Lorsqu'il n'y a plus d'opposition à ce qui est, c'est la libération et la source d'une joie indicible ! Faites-en l'expérience. Tout se manifeste à nous mystérieusement, et s'il n'y plus de résistance de notre part, alors la vie devient surprenante et nous révèle ses nombreux bienfaits. Cela renforce un sentiment de bonheur, de bien-être et de paix intérieure. Beaucoup d'êtres établis dans la Présence appellent cela la "grâce"...

Les êtres éveillés nous disent constamment que tout se déroule exactement de la façon la plus juste qui soit pour chacun d'entre nous, à chaque instant. Ne pas offrir d'opposition est la clef. Alors, dès maintenant, soyons en paix avec "ce-qui-est" notre réalité présente. Vous le savez sûrement, pour en avoir je pense fait l'expérience, que plus on lutte contre quelque chose, plus on renforce sa réalité et que ce ne sont pas les évènements en eux-mêmes qui posent problème mais la façon dont on les perçoit, et surtout la résistance qu'on leur oppose.
Ici et maintenant, soyons donc heureux pour nous-mêmes, soyons heureux pour l'Univers entier, et soyons aussi heureux... pour rien. Soyons simplement heureux d'être heureux ! Nous pouvons cheminer avec les situations et les circonstances de la vie, et explorer ce monde tel qu'il se manifeste à nous, avec ouverture et curiosité. Face à ce que nous vivons, permettons-nous de faire voler en éclats nos concepts et toutes nos croyances limitatives, celles que le mental conditionné nous impose. Car même si notre existence n'est pas une source de bonheur, même si nous ne sommes pas satisfaits sur le plan relatif ou si les conditions extérieures ne favorisent pas une totale plénitude, nous pouvons malgré tout être en paix avec cela.
Dans ce lâcher-prise et cette absence de lutte, la paix ressentie se mêle à une joie profonde. On ne peut donc pas y échapper ! Ce bonheur est là, en nous, autour de nous, avec nous, pour nous. Nous y avons droit, nous y baignons à chaque instant, continuellement. C'est une joie d'être spacieuse qui emplit tout notre espace intérieur, tout notre coeur, et qui est l'essence même de la Vie... Goûtons-y !
Malgré tout si, en cet instant, nous ne nous sentons pas totalement heureux, s'il y a encore en nous un sentiment de manque ou une résistance à être joyeux, comprenons bien que cela aussi est parfait en soit, simplement parce que c'est 'tel-que-c'est', et parce que c'est ce qui se présente à nous de cette manière, dans notre moment présent. En même temps, reconnaissons que notre être profond n'est en rien affecté. Faisons davantage confiance, car si on ne peut changer les situations extérieures, on peut générer ce bonheur en soi-même. C'est, étrangement, en cessant de résister que cela se produit.
Nicole Montinéri me disait un jour : "La vie peut être "violente" mais jamais exempte d'Amour... Merci à la Vie qui sait ce qu'elle fait." Alors, plutôt que de batailler avec la vie, il y a juste à s'y abandonner. Cela modifiera notre perception et notre existence sera vécue avec simplicité et plus de complétude.
Reconnaître notre condition présente en tant que "ce qui est" libère une énergie et une joie infinie. Et du point de vue de cet état de joie, tout est perçu différemment, même si les conditions semblent difficiles pour nous. N'offrons donc de résistance à rien. N'opposons pas ce qui est à ce que nous voudrions qu'il soit. C'est justement cette résistance qui est le véritable problème, et non les prétendus problèmes eux-mêmes.
En cette non-(ré)action, tout l'univers se déploie et nous entraîne dans son courant de perfection, d'instant en instant. Et cette acceptation inconditionnelle face à ce qui est devient source de contentement. Vraiment, soyons heureux car, fondamentalement, nous sommes inséparables de ce bonheur. La Vie même nous y invite !
Nous pouvons donc nous détendre et arrêter de lutter puisque, comme l'enseignait le grand sage de l'Inde Ramana Maharshi : "Tout ce qui doit arriver arrivera, quels que soient vos efforts pour l’éviter ; tout ce qui ne doit pas arriver n’arrivera pas, quels que soient vos efforts pour l’obtenir." Ou, comme le dit encore Anita Moorjani : "Je pense également qu’il est très important de voir la perfection dans l’instant. Le moment présent est très puissant. Chaque instant renferme une promesse, chaque moment peut être un virage pour toute votre vie.
Je suis souvent incomprise lorsque je dis que chaque moment est parfait, que tout est parfait. Les gens ont peur de voir la perfection dans une situation qui ne leur convient pas, ils pensent que voir la perfection signifie ne rien changer. Pour moi, voir la perfection ne veut pas dire conserver la situation statique. Cela signifie voir la perfection à l’endroit précis de son voyage en cet instant même, peu importe où on se trouve. Voir la perfection dans l’instant, où que se trouve ce moment dans le voyage. C’est cela voir la perfection."

Cela est comparable à ce qui se passe en méditation. Bien souvent, nous souhaiterions de meilleures conditions ou un meilleur environnement, tant extérieur que mental. Sans cesse nous opposons ce que nous voudrions à ce qui est notre situation présente. Du coup, notre méditation est un champ de bataille, plutôt qu'une source de paix et de bien-être, car elle devient synonyme de lutte. Considérons maintenant que les conditions de notre méditation, qu'elles soient agréables ou insupportables, sont justement ce qui nous est demandé d'observer ou d'expérimenter. Réalisons ensuite que c'est notre propre esprit qui rend les choses faciles ou compliquées. Plutôt que de résister, rencontrons simplement ce qui se présente à soi avec ouverture. Faisons-en notre pratique du moment, notre support de méditation et d'attention. Accueillons ce moment présent, ce parfait miroir, tel qu'il est, avec aisance et détente. Offrons-lui un "oui absolu", lâchons prise et abandonnons-nous à ce qui, justement, se trouve là, devant nous. Le fait de s'en remettre ainsi, à ce qui se présente à soi, relâche une tension ainsi qu'une pression incroyable, et libère une joie d'être insoupçonnée. Là encore, faisons-en l'expérience...
Maintenant, transposons cela dans notre vie toute entière, à tout moment. Vous verrez que le processus est le même ainsi que la joie ressentie. Tout devient considérablement plus léger, beaucoup plus fluide et ouvert, et un profond bonheur peut ainsi être éprouvé. Celui-ci repose à la fois sur le fait de ne pas résister ni de s'opposer, mais aussi de s'abandonner et de s'en remettre inconditionnellement (sans le faire de façon passive ni soumise pour autant), et de s'ouvrir avec sincérité à ce-qui-est. Ceci est l'essence du lâcher-prise.
Cette dilatation du coeur ne repose sur rien d'extérieur. C'est juste que l’on peut se sentir rempli, comblé en soi-même, relié, sans aucune notion de manque et, reconnaissant cela, on prend conscience qu'il peut en être ainsi pour chacun d'entre nous. Cette joie n'est pas la propriété d'une élite, mais elle est ce que nous sommes, au-delà des circonstances de notre vie. Cette joie est sans objet et nous ouvre à un amour débordant. En écrivant cela, je prends conscience que c'est aussi avec cette plénitude que chacun est mis en résonance à travers les initiations du Reiki.

Encore une réflexion : certains enseignants parlent parfois de basculer dans la dimension de l'éveil. Mais je ressens que c'est en fait le contraire qui se passe. L'éveil, le bonheur, sont notre nature et notre demeure véritable. En un sens, nous y sommes déjà. Mais pour une raison que j'ignore, nous avons plutôt basculé dans l'illusion et la confusion. Selon le sens étymologique du mot "péché", c'est comme si nous avions "manqué la cible ou le but". Peut-être, qu'effectivement, nous passons à coté de quelque chose qui se trouve là, si près... Il n'y aurait donc rien à faire de spécial pour se retrouver dans cette condition originelle, à part d'arrêter de s'opposer et d'ouvrir simplement les yeux, de se tenir dans ce regard ou cette "Vue", de demeurer dans cette reconnaissance. Juste revenir dans ce qui précède ce moment de bascule... et y maintenir son être dans l'Être.

Pour plus d'infos, voir le site Reikido-France

lundi 3 octobre 2016

• C'est le choc libérateur de la réalisation qu'il n'y a personne derrière tout cela - Krishna


Qu'est ce que la vie ou en d'autres mots, n'est-ce que cette chaine d'actions et réactions, quelle est cette sensation plus profonde que j'ai parfois, puis vivre cela, le réaliser dans ma vie de tous les jours?

Vous ne pouvez pas amener l'éveil dans votre vie quotidienne, vous devez amener votre vie quotidienne à l'éveil que vous avez réalisé et qui vit en tant que vous-même, soumettre entièrement votre vie à la lumière de la conscience.
Vous ne pouvez pas mettre le Coeur dans les parties de votre vie quotidienne, mais les parties de votre vie doivent être soumises au Coeur.

Pour découvrir ce qu'est la vie, soyez vivant. D'une certaine façon c'est comme pour toute autre chose: comment voir? Voyez! Comment écouter? Ecoutez! Comment Etre? Soyez, soyez réel. Bien que beaucoup de monde se plaignent de nos jours de n'être plus en contact avec ce qui est authentique en eux, en fait tout le monde a un sens de ce qui est réel. Le réel en nous-mêmes, c'est ce qui est conscient, en ce moment même.

La conscience est vivante, présente, ici, elle est la source de la vie, complètement présente, sans effort, toujours là, et c'est le cas pour chacun! C'est pour cela que c'est si simple! C'est là avant la pensée "je" et "autre", avant la supposition d'un "moi" et de tout ce que cela implique.
Croire en un "je" c'est croire en quelque chose qui n'est pas là, et se répéter constamment que l'on est quelque chose que l'on est pas, comme "je suis comme ceci, je suis comme cela, je suis une telle personne", quoi que ce soit, ce n'est pas vrai, ce ne sont que des pensées, des croyances, et elles continuent a s'amasser comme une boule de neige qui roule, "ils sont comme ceci, il ou elle est comme cela, ceci est comme ceci ou cela, il/elle/ils/cela devraient être comme ceci ou cela" et ainsi de suite… "je veux ceci, je ne veux pas cela".

Qu'est-il advenu de la simplicité originelle d'Etre, innocente de manques ou de besoins? Peut-elle se perdre? Pas vraiment. Les pensées sont entremêlées avec le temps, avec le monde. Mais en un instant, hors du temps, un rêve qui semblait durer une minute, une heure, un jour ou plusieurs années se termine, disparait dans son origine qui est toujours consciente, ici, complètement tranquille et intouchable par ce qui apparait sur elle, en elle, et qui n'est pas différent d'elle. Cette conscience primordiale est vibrante, énergétique, elle danse en tant que toutes les formes, elle bouge et forme, et pourtant elle n'est faite de rien du tout, ce rien qui est conscient.

Présente quelles que soient les complexités que l'on puisse rêver, avant le sens le plus subtil du "moi", la conscience est inatteignable, insaisissable. N'étant pas un objet, elle est toujours là, en tant qu'elle même, ici et maintenant. Vous ne pouvez pas étendre votre main pour toucher la même main! Vous pouvez voir les yeux de tout le monde autour de vous, mais pas les vôtres, pas sans un miroir du moins. Cela signifie qu'on ne peut pas l'atteindre, qu'il n'y a rien a achever, la conscience ne peut pas s'atteindre ou s'achever elle-même.

On peut remarquer la différence entre être authentiquement soi-même ou prétendre être quelque chose que l'on n'est pas. Présumer être quoi que ce soit est une forme de prétention. Tout habit est un costume, et nous ne sommes pas nos habits. Nous sommes tout nus sous nos habits, et encore, nous ne sommes pas nos corps non plus, ce n'est qu'un autre costume. Nos pensées, nos émotions sont encore d'autres costumes.

L'impulsion vers l'authenticité, vers vivre une vie authentique, vient de la même impulsion vers la liberté à tous les niveaux, l'impulsion vers la liberté spirituelle, l'impulsion de découvrir et de vivre à partir de ce qui est vrai.
Si nos yeux sont bons, nous pouvons facilement voir la différence entre une fleur réelle et une fleur en plastique, et si nos yeux ne sont pas bons, nous pouvons les toucher et sentir la différence.
Qu'est ce qui rend la vraie fleur vraie? Quelle est la différence entre penser à une pomme, parler d'une pomme, et en fait cueillir une pomme et en prendre une morse.

On peut parler de l'Eveil, de la Vie, de la Vérité, de l'Illumination, de la Libération, et de toutes les idées que l'on a sur la signification de ces mots. Ils signifient beaucoup de différentes choses pour chacun, amenant de la confusion au lieu d'indiquer ce qui est, être non-conceptuellement.
On peut parler de toutes les suggestions, méthodes et non-méthodes pour être authentique, mais ce ne sont que des mots, des idées, des théories. C'est indirect, 'au sujet' de quelque chose, c'est une projection dans le future, c'est tourner en rond dans ses pensées, au lieu en fait d'Etre et d'observer ce que l'on est, et ce qui se passe ici et maintenant. Il n'y a pas de future. Il n'y a pas de passé. La notion du temps est un concept, c'est tout, il n'y a personne qui est perdu, confus, endormi et qui doit s'éveiller, même dans un Maintenant qui semble glisser si facilement hors de portée. 

Ce qui est réel est toujours conscient, il n'y a pas de divisions dans la conscience, elle est au singulier, déjà et toujours éveillée, elle n'est limitée à aucun corps ou forme particuliers. C'est sur quoi, en quoi ou a quoi apparemment apparaissent tous les corps, formes, tous les mondes, toutes les formes de vie, toutes les expériences des formes de vie, dans l'état de veille ou dans tout autre (ainsi appelé) état de conscience - littéralement personne.

C'est le choc libérateur de la réalisation qu'il n'y a personne derrière tout cela, littéralement personne, et donc aucune résistance à la vie, à la liberté d'être. Cette liberté est inhérente à tout ce qui émerge de, ou apparait spontanément et naturellement dans cette conscience. Cette conscience vide derrière tout a été appelée par le Bouddha le Non-Conditionné, le Non-Né, ou le Sans-Mort (qui ne peut pas mourir). La vie, la vie réelle, qui est non-conditionnée, non-fabriquée, non-pensée, a la qualité d'être sans naissance et sans mort.

Les mots ne sont pas suffisants pour décrire ce qui est au delà des mots. Une fois que c'est clair, un instant d'ouverture dans la grâce, les mots (en incluant ces mots-ci) peuvent être joyeusement balayés, ce qui est dit à ce sujet n'est certainement pas ce qui est.

Voici d'autres questions: Qui était là en premier, la vie ou la conscience de la vie? Qu'est ce qui était là en premier, l'univers, ou la conscience de l'univers? Y a-t-il une différence? L'univers est-il dans la conscience, est-ce une fabrication de la conscience, est-ce un mirage, pas vraiment là, ou est-ce que c'est comme un mirage, l'observateur lui aussi est-il un mirage, apparaissant sur l'écran de la conscience? Le monde, l'esprit, la conscience, dont tout semble être fait, d'ou est-ce que cela vient? Qu'est-ce que je suis? Quelle est la relation entre le temps et l'intemporel? Le temps semble passer de plus en plus vite avec les années, il semble doubler ou tripler de vitesse comme le disent beaucoup, et pas seulement en ces temps modernes! le Bouddha dit-on, encourageait ses étudiants à ne pas perdre de temps, à ne pas remettre à demain, mais de réaliser la vérité aussi vite que possible, ce qui veut dire maintenant, et il mettait en garde que la vieillesse s'approche comme un voleur dans la nuit, que le temps passe si vite, qu'une vie toute entière peut sembler passer en un clin d'oeil.

Cela ne demande absolument rien d'être en vie, la vie est énergie en jeu, la force de vie ne peut pas être fabriquée ou détruite, cela ne prend pas de temps pour être en vie, et rien ne peut ou n'a besoin d'être fait. Soyez tranquille, maintenant, débranchez la prise de la machine des rêves, et ouvrez-vous instantanément à ce qui a toujours été ouvert, découvrez par vous-même, pour vous-même, directement. Regardez: le soleil se lève, brille et se couche, le vent souffle et se calme, les branches des arbres se balancent dans le vent, les chiens aboient, la neige tombe, le camion clacsonne.

La, voyez, ce moment, être comme nous sommes, l'esclavage de croire en un "moi" séparé de la vie, ou d'être qui ou quoi que ce soit, est terminé. 
Etre éveillé, est synonyme avec être vivant, être vraiment ici, et en fait nous sommes toujours ici, toujours vivant, que le corps soit là ou non. Avant la pensée, avant que le film dont la vedette "je" est rêvé par la conscience, il y a la conscience primordiale brillante toujours présente. Toute vie vient d'elle, est remplie d'elle et n'est rien d'autre qu'elle. Juste comme elle est. Observez, elle est là, dans les particularités de ce qui se passe juste maintenant, exactement ou vous êtes maintenant.

Quand la vie semble s'échapper, une question a se poser est "qu'est ce qui s'échappe? et à qui cela arrive-t-il?" Se poser vraiment la question, de tout coeur: "Qu'est-ce que je suis? Qu'est-ce que la vie? Qu'est-ce que tout cela?" Questionner, avec une sincérité et une intention totale, avec tout son coeur, "je veux vraiment, vraiment découvrir, maintenant, en ce moment même, ce que je suis réellement". De quoi avons-nous besoin pour arrêter de rêver? Si un rêve, par définition, et par expérience, n'existe pas, comme un mirage, comment terminer ce qui n'a jamais commencé? Essayer de l'arrêter ne fait que continuer le rêve.

Qui, maintenant, rêve, et qui s'arrête de rêver? Qui ou quoi, est présent derrière tous les rêves, conscient durant le jour et la nuit, brille à l'intérieur de toute forme de vie, est derrière tout ce qui apparait, la base de tout ce qui est connaissable et inconnaissable?
Personne n'a jamais été séparé de la vie, en dehors de la vie. C'est juste une illusion que l'on croit, un sentiment d'être divisé, qu'il semble y avoir une division avec la vie, et avec cela le sentiment d'être une victime des circonstances de la vie.

Il y a une autre question à poser, sincèrement, de tout son coeur : "Comment quitter le connu et entrer dans l'inconnu?" C'est un koan, car le "je" est l'essence du connu, c'est le connu. Il est impératif d'être libre du connu, ou de la croyance en un "moi", bien qu'il n'y a pas de "moi" dont se débarrasser, et il qu'il n'y a pas "quelqu'un" qui puisse être libre du connu. Essayer de se débarrasser d'un "moi", du connu, est aussi l'activité du connu. La culmination, le moment de réalité du cheminement spirituel tout entier, est le moment, l'instant, Cet instant, lorsque l'on quitte le connu pour l'inconnu. Quitter le rêve pour le Réel. Quitter le temps pour l'intemporel.

Ce que nous sommes, toujours présent, est là, sans aucun doute. Ce n'est pas construit par les pensées, ni produit par les actions, nous sommes toujours et seulement cela. C'est le point commun à chaque instant, état, forme, c'est la base de tout. Etre réel, c'est s'abandonner au coeur au lieu de s'abandonner au doute, de laisser derrière soi un "je" imaginaire pour ce qui est, était et sera toujours conscient, ce qui est tout simplement ici, dans la simplicité de la respiration, de sentir des odeurs, de toucher et d'être touché, d'être ouvert a ce qui est présent et être disponible pour ce qui peut ou non se passer. La vie est essentielle.

Lorsqu'on réalise qu'il n'y a vraiment pas de temps à perdre, c'est la réalisation que le temps n'est pas réel, on arrête de reporter, et de prétendre. Lorsque c'est pour de vrai, on laisse derrière soi ce qui est faux, ce qui est réfléchi, c'est la fin du rêve, la fin du doute fondamental sur ce qui a toujours été, toujours été évident, c'est la fermeture de la grande division, et l'ouverture dans l'étendue illimitée de la vie….

Si la vie de tous les jours est de renier la vie, une expression de doute, de peur et de compromis, de rêves, elle doit être abandonnée lorsque le feu vivant du Réel et de la Libération brule. C'est exactement comme se réveiller d'un rêve la nuit. Lorsque l'impulsion de s'éveiller arrive, et que l'on s'y donne, le rêve disparaît, il doit disparaitre. 

Si l'on résiste (et c'est toujours un apparent "je" qui est le moteur du rêve), alors le rêve continue. A un moment donné, on réalise que ce n'est qu'un rêve, une pensée, que le "je" est aussi une pensée, rien de concret, alors le rêve se dissout dans la lumière du jour. C'est la même chose pour le rêve de l'état de veille, il est abandonné dans cette Présence vivante qui est si évidente et toujours ici.
Et puis, la vie continue, comme elle est. Les choses qui ne sont pas alignées avec cette façon naturelle de vivre vont disparaitre tôt ou tard.
La nature originelle ou la conscience primordiale n'est pas une chose, on pourrait l'appeler le non-chose qui est aussi le non-rien, on pourrait aussi l'appeler l'actualité cognitive, ou le réel conscient, dont la nature est Présence. Quoi qu'il se soit passé dans une vie, même si elle semble être horrible ou outrageusement compliquée et difficile, ou qu'un esprit semble être en conflit ou plein de douleur, cette nature originelle, qui n'est pas limitée au personnel et qui n'est pas une chose, est toujours lumineuse et libre, libre de conscience et d'inconscience.
Tout ce qui a été pensé dans une vie, toutes les expériences plaisantes et traumatiques, tous les résultats karmiques bons ou mauvais, rien n'a jamais touché Cela, ce qui est toujours libre.
Un appel authentique pour la Libération, en soi-même, vient du Coeur authentique, de ce qui est avant que les conflits intérieurs et la confusion soient nés, avant la division de l'inconnu en observateur et observé, en sujet et objet, forme et sans forme, "je" et autre. Il n'y a qu'une possibilité, et c'est le fait qui est maintenant. Cette conscience est inconnue et ne peut pas être comprise par le mental, mais elle n'est certainement pas cachée, en fait elle est toujours évidente en tant que ce qui est là, toujours là.

SiteWeb de Krishna


dimanche 2 octobre 2016

• Nous sommes déjà libre au cœur de notre expérience de l’instant - Scott Kiloby


Nous avons été conditionnés à faussement croire que nous sommes des êtres séparés, vivant sous le régime du manque, et que nos histoires sont notre identité. Le message de Scott Kiloby parle de la possibilité de voir à travers et au-delà de ces histoires et de ces conditionnements afin que nous puissions expérimenter directement les sensations et les émotions (plutôt que de tenter de fuir ce qui est) et vivre dans l’instant présent sans nous identifier avec l’activité mentale.
« Vivre l’éveil » est une approche contemporaine, qui prend la forme d’une méthode. Cette méthode est en mesure de nous permettre de vivre l’expérience de la liberté intérieure qui n’est autre que celle de la non-dualité. 
Plus spécifiquement, il s’agit de la prise de conscience que nous sommes déjà libre au cœur de notre expérience de l’instant.
Cet ouvrage est remarquable dans sa simplicité. La proposition fondamentale nous invite à reconnaître la conscience – la vigilance – que nous sommes.
Les lecteurs et la presse anglo-saxons sont unanimes : « “Vivre l’éveil” est un livre différent : il est véritablement le manuel que l’on peut espérer dans ce domaine d’explorations » ; « J’ai découvert une authentique invitation non dogmatique de sortir du rêve de la quête pour vivre dans la présence profonde à ce qui est » ; « Les écrits de Scott Kiloby sont les propos sur la libération vis-à-vis de la souffrance les plus ciselés, directs et  précis qu’il m’a été donné de lire. ».
Extraits publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel
Le message de "Vivre l'éveil" a pour but de nous conduire de la croyance en la séparation à l'expérience de l'inséparabilité vécue dans le présent - l'Unité. Cette reconnaissance nous permet d'évoluer et d'agir dans le monde d'une nouvelle manière, libre du sens de la séparation entre être humains et entre toutes les choses de la vie. Toutefois, si on en venait à accentuer dans des points de vue ou des croyances appartenant à l'autre extrême du registre, comme par exemple "rien n'existe", nous serions allé trop loin. Nous aurions nié complètement l'existence conventionnelle. La Voie du Milieu est liberté vis-à-vis de ces positions mentales dualistes telles que "tout existe séparément" ou "rien n'existe". La Voie du Milieu est la voie de l'équilibre. Elle nous empêche de transformer l'expérience de l'unité en un système de croyances qui nierait le jeu de la relativité des choses.  Les points de vues relatifs sont toujours à l'œuvre lorsque nous pensons, parlons, créons, et répondons aux autres dans le cadre des relations. Toutefois, ces points de vues n'amènent plus de la souffrance, de la recherche, et du conflit dans nos vies lorsque nous ne nous identifions plus avec. Ils traversent temporairement de manière fluide notre expérience du présent, sans laisser de traces, et sans la présence d'une identité qui voudrait se les approprier.
L'existence conventionnelle est synonyme de relativité. Dans cette méthode, bien que nous transpercions l'impression de séparation, nous nous sentons complètement libre de faire référence à des choses relatives pour des raisons pratiques. Et bien qu'à un moment vous ne vous expérimenterez plus énergétiquement comme séparé, vous continuerez à vous sentir à l'aise de faire référence à votre identité en utilisant votre nom, en prenant soin des besoins de votre corps, de votre santé, de votre famille, et en exerçant vos talents uniques, vos savoir faire, et vos connaissances. Cela pourra sembler contradictoire d'un premier abord. Mais cela devient très naturel. C'est uniquement la croyance en l'idée d'être une personne complètement séparée qui nous trouble.  Les pensées qui  entourent une impression d'identité, et l'apparition d'un corps et même une histoire ne sont pas un problème du tout une fois qu'il n'y a pas d'identification profondément enracinée avec ses apparitions.
Il vient un moment où nous expérimentons une délicieuse ironie dans la Voie du Milieu. Nous commençons à vivre de plus en plus la vie comme si elle était une pièce de théâtre dans laquelle nous savons profondément que les personnages et les choses de la pièce de théâtre ne sont pas vraiment séparés, mais pourtant nous pouvons profiter avec plaisir de tout de même de la pièce de théâtre. Que rien ne soit séparé ne signifie pas que "rien n'existe". La vie continue d'apparaître avec toutes ses relations, ses expériences, ses couleurs, ses formes, ses goûts, ses odeurs, ses étiquettes, et pourtant, rien n'apparaît comme intrinsèquement séparé et coupé de tout le reste.
Comment faites vous la découverte de la Voie du Milieu ? Elle se montre d'elle-même, de manière naturelle et automatique lorsque vous vous impliquez dans cette approche. Cela revient un peu à sauter dans un bateau en ressentant cela dés le début comme confortable et naturel même si on ne sait pas exactement où va le bateau. Suivre les invitations proposées dans ce livre c'est comme consultez la carte d'une rivière. En reconnaissant la vigilance comme toujours déjà présente et n'étant plus dupe de l'impression de séparation, vous vous rendez compte que vous vivez la Voie du Milieu très naturellement. La vie devient sans efforts et la carte perd de son importance et n'a plus besoin d'être une référence. L'expérience directe prend le dessus. 

Voici comment la méthode "Vivre l'éveil" fonctionne dans nos vies :

1 - Nous démarrons avec la croyance que nous sommes des individus séparées qui existent dans un monde qui abrite d'autres individus séparées et d'autres objets séparés. La plupart des gens possèdent cette croyance qui agit à un degré ou à un autre. Cette croyance en la séparation est la cause racine de la souffrance, de la recherche, et du conflit.

2- Dans cette méthode on démarre avec une invitation très basique qui consiste à reconnaître la vigilance dans toutes les situations. La vigilance est vue comme toujours déjà présente au beau milieu de tout ce qui se produit. Cela nous permet de relâcher notre tendance à faire fond sur l'activité mentale et de trop compter sur la pensée. Nous découvrons une aisance naturelle et un bien-être lorsque nous reconnaissons la vigilance.

3- Nous expérimentons de plus en plus les émotions et les sensations sans les étiqueter et sans les raccrocher à une historie personnelle. Cela dissout le désir constant de fuir dans le futur afin de se sentir mieux. Toutes les émotions et toutes les sensations sont autorisées à être ce qu'elles sont dans le présent. Cela amène une guérison naturelle, et un équilibre mental et émotionnel dans nos vies.

4- Nous découvrons que tous les objets sont inséparables des pensées, des émotions, et des sensations qui le tissent de toute pièce. Nous voyons que toutes les pensées, les émotions et les sensations apparaissent et disparaissent de manière inséparable de la vigilance. Nous mettons en œuvre l'investigation inélucidable pour bien voir que nous ne pouvons trouver nulle part quoi que ce soit qui serait séparé. La croyance en la séparation se dissout, progressivement ou d'un coup.


5 - En n'étant plus dupe de la croyance en la séparation, nous continuons à nous référer aux choses de manière relative pour les besoins de la vie pratique. C'est la Voie du Milieu. L'existence conventionnelle et l'apparition d'un certain nombre de choses comme par exemple : moi, les autres, les voitures, les villes, la justice, les pommes, la Terre, la science. Nous voyons que tout est vide de séparativité intrinsèque et pourtant les choses continuent d'apparaître. Dans l'existence conventionnelle, tout est en relation, mais la séparation ne peut être trouvée nulle part.

jeudi 29 septembre 2016

• Nous utilisons notre esprit pour observer notre esprit - Tulku Lobsang


Rigpa est la claire lumière, la vraie nature de notre esprit. C’est l’état de conscience pure. C’est la sagesse qui existe au-delà de toutes les limitations et à travers laquelle il est possible de tout connaître.

Ce que l’on voit actuellement est la réflexion de notre ignorance. Nous manquons toujours de quelque chose et ainsi nous avons une vue erronée. Cela nous cause une grande souffrance. Nous regardons à travers les lentilles de l’esprit conceptuel, lequel a toujours une ombre et une limitation. Nous ne pouvons pas voir au-delà et ainsi nous ne pouvons pas voir notre vraie nature. Lorsque cela nous est possible, nous pouvons tout connaître et tout voir sans penser. C’est la perception directe, comme celle avec les yeux. Les yeux ne pensent jamais. Ils voient toutes les choses en un instant.

Au moment du sommeil et de la mort, nous arrivons dans cet état naturellement. Habituellement, nous ne le réalisons pas, mais avec de l’entraînement et de la pratique, il est possible d’arriver dans ce état consciemment. C’est tellement puissant ! Lorsque vous y arrivez, vous êtes libérés de la vue erronée et n’avez plus de souffrance.

Cette pratique est sans techniques, sans concepts et sans méditations. Lorsque l’on pratique Rigpa, nous laissons simplement tout et regardons. L’esprit est comme l’eau. Lorsqu’il est calme, il devient naturellement clair. Lorsqu’on laisse tout tout seul, sans jugement et sans réaction, simplement en percevant ce qui est là, nous commençons à reconnaître la nature de l’esprit. Ne rien faire et laisser les choses comme elles sont, c’est la chose la plus difficile. De cette manière, nous utilisons notre esprit pour observer notre esprit. C’est de cette manière que nous apprenons à nous connaître profondément. Lorsque l’on connaît l’esprit, on connaît tout.

Source : Nangten Menlang

mardi 27 septembre 2016

• Le même "je" que tout le monde - Suyin Lamour


Nous sommes composés de multiples « je », de multiples voix intérieures qui s'expriment par le vocable je. Ces voix sont des mouvements d'énergie qui se manifestent spontanément et se font à chaque fois passer pour « moi ».
Leurs origines sont diverses : les conditionnements psychiques, les instincts, les bactéries, les cellules... Une grande famille plus ou moins unie, formant des grandes chaînes de réactions qui entrent souvent en conflit entre elles...
Mais aucun de ces « je » n'est notre moi, aucun d'entre eux n'est « notre individu ». On pourrait dire que l'individu est la somme de tous ces je, de tous ces mouvements d'énergie qui se manifestent en nous sous forme de pensées ou de sensations. Il n'y a pas là de centre tangible, agissant et décideur. Le moi change en permanence, ce n'est jamais le même d'un instant à l'autre, même si nous avons l'illusion qu'il s'agit d'une individualité permanente, immuable et centralisée.
Pourtant, cet esprit immuable et permanent existe bien. Quelque chose en nous ne change jamais. En amont de tous les « je» changeants, derrière tous les faux moi, une conscience perçoit ce qui est vécu à chaque instant et accueille tout de manière égale. Et lorsqu'on la découvre, lorsque l'on rencontre notre vrai moi, on découvre que c'est une conscience impersonnelle... que c'est le même « je » que celui de notre voisin !!
Ironie du sort... A la recherche de moi-même, voilà que j'apprends que je suis le même que tout le monde ! Que je suis le monde !
Selon le voisin, hum... ça peut être un choc !
Un choc absolument fantastique, un coup de foudre divin.
Tous ceux que l'on jugeait, détestait, rejetait, méprisait... on se met à les considérer avec amour...

Suyin Lamour est l'auteur du livre "La joie d'être" paru aux Éditions Accarias-L'Originel. Elle a aussi rédigé un ouvrage sur le Tarot Analytique, paru aux Éditions Grancher, manuel d'interprétation du tarot de Marseille sous l'angle de la psychologie jungienne ; un recueil de poèmes inspirés de son parcours intérieur, Le Chemin du coeur, paru aux Éditions de l'Atlantique, ainsi que des poèmes d'éveil, L’étreinte de l’éphémère, à paraître prochainement aux Éditions Unicité.

Chaîne YouTube de Suyin Lamour.

Prochaines rencontres avec Suyin Lamour : 

Sumène (Cévennes) : le 30 octobre 2016
Nice : 19 & 20 novembre 2016
Paris : les 2, 3 & 4 décembre 3016

vendredi 16 septembre 2016

• Le retournement de la conscience vers elle-même - Suyin Lamour

La dimension non-duelle est notre ressource primordiale, celle du bonheur, d'un bonheur durable et indestructible car indépendant de tout phénomène extérieur. Nous pouvons tous nous y connecter car elle est notre essence, notre nature, et cette connexion ne passe pas par un cheminement intellectuel mais par une expérience directe dont l'instrument est l'attention.


Prochaines rencontres : 

• Une rencontre aura lieu à Nice, le week-end du 19 & 20 novembre prochain, de 10 h à 17 h (horaires modulables en fonction des circonstances). Les places étant limitées, nous serons tenus de prendre en priorité les premières personnes qui auront réservées leur participation.
Le coût du week-end s'élèvera à 100 € (si réelles difficultés financières - RSA, demandeurs d'emploi, étudiants, etc. -, un tarif adapté vous sera proposé. Merci de nous en faire part avant le week-end).
Bien qu'il s'agisse d'une progression étalée sur le week-end, il est toutefois possible de n'assister qu'à une seule journée (dans ce cas, le coût de celle-ci s'élèvera à 50 €). Par contre, pour plus de cohérence, nous serons tenu de prendre en priorité ceux qui s'inscriront pour les deux jours complets.

Pour tout contact :
reikido.france(@)gmail.com
suyinlamour(@)yahoo.fr

• Une rencontre est prévue à Sumène (Cévennes), le dimanche 30 octobre.
Pour tout contact : suyinlamour(@)yahoo.fr


• Une conférence, suivie d'un week-end, aura lieu à Paris, dans les locaux de l'Association Être-Présence, les 2, 3 & 4 décembre.

Merci par avance, si vous le souhaitez, de partager ces informations (par mails, réseaux sociaux, etc.) à tous ceux que cela pourrait intéresser.

Site web de Suyin Lamour

dimanche 11 septembre 2016

• ConnÊtre - Rupert Spira


Qu’est-ce qui connaît ou est conscient de notre Être ? 
Est-ce « je » qui sait que « je suis » ou suis-« je » connu par quelqu’un ou quelque chose d’autre que moi-même ?
C’est manifestement « je » qui sait que « je suis ». 
En d’autres termes, le « je » que « je suis » est également le même « je » qui sait ou qui est conscient que « je suis ».
Pour le dire autrement, la conscience ou la connaissance est une qualité intrinsèque à notre Soi, et c’est notre Soi, « Je », qui sait qu’il est à la fois présent et conscient.

≈≈≈≈≈≈≈

Qui peut être conscient d'être conscient si ce n'est la conscience elle-même ? Existe-t-il une autre entité ? 

La conscience est là, elle est toujours consciente d'elle-même, le seul ennui est que cette conscience se soit identifiée au corps !

Nisargadatta Maharaj

mardi 16 août 2016

• De l'obsession de l'éveil à la fin de la quête - Suyin Lamour



Site web de Suyin Lamour : La joie d'être

Rencontre au Petit Mas :

Présence à Soi, reconnecter avec notre nature non-duelle
les samedi 10 & dimanche 11 septembre 2016.





vendredi 12 août 2016

• Charles Antoni


Les Éditions L'Originel et Éveil Impersonnel ont la douleur de faire part du décès de Charles Antoni, Fondateur et Directeur des Éditions Charles Antoni/L'Originel, survenu dans sa maison familiale au village de Felce, en Corse, et souhaitent transmettre leurs plus sincères condoléances à sa famille, ses enfants et petits-enfants.

Vous êtes invités à consulter son site personnel et le site de ses Éditions :




mardi 12 juillet 2016

• Bientôt de retour !

Pierre tombale pour Bouddhistes
"Bientôt de retour !"

mercredi 6 juillet 2016

vendredi 24 juin 2016

• La perception du secret ouvert - Tony Parsons


« cette liberté » se démarque de façon totalement inédite de toutes les autres approches de la problématique du chercheur. Loin de nourrir les affres d’une quête sans fin entretenue par l’espoir illusoire d’atteindre un jour une fuyante illumination, Tony Parsons éveil son lecteur à une toute autre possibilité
Avec humour et bon sens l’auteur hausse son lecteur au niveau d’une perspective radicalement nouvelle qui, au delà des mots, opère une puissante transformation énergétique rendant possible la survenue de la réalisation que le chercheur n’a pas d’autre problème que lui même.
Tony Parsons dévoile ici sans compromis le malentendu singulier et fondamental qui pousse à la croyance qu’il existe quelque chose appelé un chercheur qui ait besoin et soit capable de trouver quelque chose d’autre, appelé illumination.
L’insatisfaction existentielle qui habite le chercheur n’est pas fourvoyée ici par la promesse de lendemains qui chantent à force d’efforts et de pratiques. Elle est simplement orientée vers son effacement par la dissipation du chercheur lui-même et de l’histoire dans laquelle il se complait pour continuer coute que coute à exister.
La communication du secret ouvert – ainsi que Tony Parsons nomme ce message – est « paradoxale, déraisonnable, incroyable, a-prescriptive, a-spirituelle et sans compromis. …Cette communication est en amont de tout enseignement et sa résonance se partage énergétiquement, non par un échange d’idées. »

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias L'Originel :

« La perception du secret ouvert est qu’il y a deux sortes de communications très distinctes sur la nature de l’illumination. L’une est personnelle, l’autre est impersonnelle. La première offre à la « personne » en recherche assistance et directives pour trouver quelque chose appelé illumination. La seconde n’offre rien à la « personne ». La première se présente sous de nombreuses formes et bénéficie d’une large audience car elle semble répondre aux besoins de la « personne ». La seconde est déroutante et énergétiquement provocatrice. Le message personnel est fondé sur la croyance qu’il y a quelque chose appelé un chercheur séparé qui peut atteindre quelque chose d’autre appelé illumination. L’impersonnel voit le sens incarné d’apparente séparation et d’insatisfaction comme un état illusoire qui conduit l’apparent chercheur à se mettre en quête d’une autre illusion appelée illumination personnelle.


Toute communication qui soutient ou encourage la croyance ou l’idée du chercheur qu’il peut trouver quelque chose qu’il a l’impression d’avoir perdu ne fait que renforcer et perpétuer une illusion dualiste. Ce n’est ni bien ni mal… c’est ce qui apparemment se produit. La perception impersonnelle est que tous concepts, toutes idées, croyances ou pensées à propos de la séparation ou de l’illumination ne peuvent jamais être que le reflet de leur opposé et ne sont jamais qu’une indication pointant en direction ou à l’opposé de ce qui ne peut être exprimé ou connu. L’apparente séparation est vue essentiellement comme une énergie contractée incarnée qui peut apparemment simplement et soudainement se relâcher dans ce vivant sans borne qui est inconnaissable et impersonnel. Les circonstances en sont totalement hors de propos et sans importance. Aucune quantité de concepts clairs ou confus ne peut jamais toucher ni influencer ce sens énergétiquement maintenu d’être séparé ou à part.

Une « expérience spirituelle » profondément ressentie peut, chez certains, sembler être l’évènement d’une illumination personnelle. Il peut advenir un souhait ou un désir d’aider d’autres personnes à atteindre une expérience similaire. Cette communication peut parfois sembler être « non duelle » lorsque l’enseignant décrit la nature de l’unicité, mais elle se contredit en recommandant un processus capable d’aider le chercheur à atteindre cette unicité à travers le questionnement de soi, la méditation ou la purification, par exemple. Il peut y avoir l’encouragement à « vivre dans l’instant » ou « être ici et maintenant » ou « embrasser la peur » dans le but que la personne puisse découvrir « sa propre nature véritable ». Ces sortes de prescriptions personnelles sont souvent accompagnées d’une répétition d’idéaux inspirants et toujours positifs, qui peuvent soutenir l’état d’esprit du chercheur et lui fournir espoirs et objectifs renouvelés. Il semble que ce type d’échange entre deux personnes se produise, par sa nature même, dans le cadre de l’histoire dans le temps, et par conséquent son influence est transitoire. Cela comble un besoin… pour un temps.

Une communication impersonnelle reconnaît et éclaire l’apparente difficulté du chercheur : sembler être emprisonné dans l’expérience incarnée de la séparation. Elle décrira de façon inadéquate la nature du vivant sans bornes, illimité, et le sentiment d’insatisfaction et de désir qui peut naître de l’apparence d’en être séparé. Elle soulignera également, sans aucune compromission, l’inévitabilité et la futilité absolue de la quête spirituelle et mettra en lumière le don de liberté dissimulé dans cette impuissance désespérée.

Personne ne peut se targuer d’être le possesseur de ce message impersonnel et il ne pourrait donc y avoir aucun motif à l’encenser. Pas plus qu’il ne pourrait y avoir un dessein personnel de faire plaisir, d’aider ou de transformer la « personne ». Il n’y a rien ici pour la « personne » excepté l’horrible possibilité que tout ce qu’elle rêve être elle-même pourrait se perdre.

Toutes les fois où l’identité personnelle, sa quête, ses espoirs et ses rêves paraissent menacés, il peut y avoir rejet de ce message et un retour à ce qui semble servir et encourager l’illusion exclusivement humaine d’une autonomie personnelle conduisant à la satisfaction de soi. Le message impersonnel peut alors être vu comme s’érigeant en juge, ou comme étant nihiliste et pourrait même être perçu comme « non aimant » parce qu’il laisse la « personne » avec… rien. Sans aucun doute, il peut y avoir quelque chose d’offensif dans la singulière et ferme constance qui surgit uniquement de cette compassion inconditionnelle qui révèle l’illusion de l’emprisonnement personnel. De cette révélation peut surgir une résonnance qui n’est celle de personne. »